La question Rom, un sujet complexe pour le secteur de l’aide aux sans-abri.

Comme dans d’autres capitales et grandes métropoles européennes, on peut s’étonner, s’indigner, s’interroger sur la présence de Roms en rue. On les voit mendier aux feux tricolores, dans les rues commerçantes avec leurs enfants en bas âge, récupérer des métaux dans les décharges, ou encore vivre dans des campements plus ou moins sauvages à la périphérie des centres-ville. Toutefois, si les groupes qui vivent de pratiques informelles (construction d’abris illégaux, squats, mendicité, etc.) sont les plus visibles dans l’espace public, il ne faut pas s’y tromper, tous ne se trouvent pas dans ces situations. On en retrouve également dans toutes les catégories socio-professionnelles (employés, cadres).

Par son étrangeté, ses modes de vie, sa diversité linguistique, la population Rom pose beaucoup de questions, voici quelques pistes de réponse.

Pourquoi viennent-ils à Bruxelles?

La xénophobie historique à leur égard, ainsi que des conditions socio-économiques de plus en plus dégradées à l’est de l’Europe expliquent en partie leur présence dans des pays comme la Belgique. Toutefois, les itinéraires migratoires ainsi que les motivations ne sont pas identiques pour tous, et la réalité est plus complexe. Entre ancrage et mobilité, certains essaient de rester à Bruxelles ou en Belgique, alors que d’autres souhaitent retrouver leur région d’origine. Cette population, parfois public des centres d’hébergement
bruxellois se trouve confrontée à la précarité et à l’exclusion dans son espace d’origine. Mais elle est également exclue dans les pays de l’ouest de l’Europe, et se retrouvent ainsi voyageant d’un pays à l’autre en quête de stabilité. Ils sont dans un entre-deux circulatoire complexe, expulsés ici et là, ce qui crée de nombreuses difficultés d’intégration, de suivis médicaux, de scolarisation des enfants, etc. Illustrons ceci par deux chiffres aux extrémités géographiques de l’Europe: entre 60 et 80 % des Roms de Hongrie en âge de travailler sont sans emploi; dans certaines villes françaises, environ 80% des Roms sont bénéficiaires du Revenu Minimum d’Insertion...

D’où viennent-ils?

Ils forment une nation, mais ne possèdent pas un territoire qui leur est propre. On les trouve essentiellement originaire des pays de l’Europe centrale et orientale, comme la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Hongrie, etc. L’explosion du bloc de l’est dans les années 90, les a particulièrement mis à l’écart dans ces pays. Avec l’élargissement de l’Europe, certains sont devenus ressortissants européens. C’est donc un enjeu qui dépasse largement le contexte bruxellois et même belge, et c’est au niveau européen que des mesures doivent être prises pour faciliter leur intégration à tous les niveaux.

Qui les prend en charge?

La présence de Roms, pendant plusieurs mois en 2012, sur le territoire du Centre de communication nord (CCN) de la gare du nord à Bruxelles a marqué les esprits. Des familles s’y trouvaient installées dans des conditions de santé et d’hygiène déplorables. Et l’impression était donnée que personne ne semblait les prendre en charge. Le secteur de l’aide aux sans-abri bruxellois tente de s’occuper de ces populations, avec les difficultés que cela comporte: imbroglio juridique (des citoyens européens sans titre de séjour), problèmes d’accès à un logement/un emploi, multiplicité des accompagnants sociaux et difficulté à cerner les compétences en la matière (référent social de la SNCB, secteur sans-abri, secteur aide aux migrants, etc.), problèmes linguistiques, etc.
Plusieurs projets sont mis en place les concernant. L’asbl Diogenes par exemple, qui développe depuis plusieurs années un projet de médiation interculturelle Rom, et qui a développé des compétences spécifiques pour ce public non homogène. Ou encore le centre d’intégration
Le foyer développe également diverses missions pour les populations Roms de Bruxelles (médiation, information et soutien, etc.)

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