Définir la population sans-abri reste un exercice complexe. C'est une population hétérogène aux contours flous et mouvants. Plusieurs auteurs ont effectué des catégorisations (Simmel, Bresson, Marpsat, Fridion, etc.). Ces tentatives de nomenclature se font selon différentes focales : certaines définitions se basent sur la privation de logement (France), alors que d'autres incluent des critères d'exclusion sociale.

Tout comme la définition des sans-abri, leur dénombrement est également compliqué. La difficulté de leur définition est un premier obstacle, et produire des statistiques précises nécessiterait un dispositif permanent coûteux. La question du nombre de sans-abri est pourtant régulièrement posée par les médias, l'opinion publique et les décideurs politiques.

Le sans-abrisme n'est ni compréhensible ni saisissable dans ses enjeux et causalités, à partir d'un élément ou d'un événement (déclencheur/renforçant) uniques. Ses causes sont le plus souvent nombreuses et liées entre elles. Pour schématiser et simplifier, on peut distinguer trois types de causalités :

Donner ou non, à une personne qui mendie, l’ignorer, l’éconduire, dans la rue, le métro, à la sortie d’un magasin, est une question sensible. Comme le souligne le sociologue français Julien Damon dans son ouvrage sur la «question sdf», «Il n’y a pas de schéma définitivement établi (...) pour répondre à des sollicitations répétées, par des individus différents». Chacun y répond ainsi en fonction de son humeur, de la période de l’année, du moment de la journée. Face à une personne mendiante, situation simple en apparence, beaucoup de considérations se posent néanmoins: pourquoi cette personne est à la rue, est-elle responsable de sa situation, dois-je donner, que va-t-il faire de cet argent, qu’est-ce que cela peut lui apporter, etc...?

La question Rom, un sujet complexe pour le secteur de l’aide aux sans-abri.

Comme dans d’autres capitales et grandes métropoles européennes, on peut s’étonner, s’indigner, s’interroger sur la présence de Roms en rue. On les voit mendier aux feux tricolores, dans les rues commerçantes avec leurs enfants en bas âge, récupérer des métaux dans les décharges, ou encore vivre dans des campements plus ou moins sauvages à la périphérie des centres-ville. Toutefois, si les groupes qui vivent de pratiques informelles (construction d’abris illégaux, squats, mendicité, etc.) sont les plus visibles dans l’espace public, il ne faut pas s’y tromper, tous ne se trouvent pas dans ces situations. On en retrouve également dans toutes les catégories socio-professionnelles (employés, cadres).

Par son étrangeté, ses modes de vie, sa diversité linguistique, la population Rom pose beaucoup de questions, voici quelques pistes de réponse.

Il n’existe pas de solution miracle pour mettre un terme au sans-abrisme, ni de kit clé en mains pour répondre à ce problème complexe (voir page «Qu’est-ce qu’un sans-abri» dans la FAQ). Les solutions à proposer se doivent d’être diverses. Toutefois, il est certain que les réponses structurelles et de long terme (prévention, logement, gestion des phénomènes migratoires, etc.) doivent être préférées. Ce qui ne signifie pas que, par ailleurs, les prises en charge en urgence et à court terme ne présentent pas d’intérêt.